Friendship and difference: the literary politics of community/ L’amitié aux heures de sa différence : politiques littéraires de la communauté 

deadline for submissions: 
November 1, 2019
full name / name of organization: 
Post-Scriptum.ORG journal

CALL FOR PAPERS

"Friendship and difference: the literary politics of community", Annual conference of the Post-Scriptum journal

 

Université de Montréal, April 22th-23th, 2020

 

Conference organized by Renato Rodriguez-Lefebvre and Léonore Brassard

The spaces of literature, whether found in books or in human and material networks, cannot be separated from the relationships that constitute them. Within the constellation of words used to describe human proximity, the term of friendship possesses a mysterious aura, which risks destroying its critical potency while simultaneously presenting a useful tool against the dead ends of subjectivity. The fact that friendship demands a common interpretation by those who claim to have a stake in it, allows for a shift in the boundaries of ordinariness. Within this context, friendship can coexist with singularity without necessarily overriding it. In no way does friendship call for a homogeneous relationship with the text, which would provide it with the cover of innocence: it encourages difference, mingles with it and allows for the visibility of sensible inheritances. In the name of friendship, one may formulate the dream of a unique form of community and justice; regardless of how surprising its definition may be.

Friendship therefore allows for a silent intensity — yet this intensity is sometimes ignored by discourses that deal with literature: one thinks of Nietzsche’s encounter with Spinoza’s writings, and his thrill at the prospect of feeling less lonely in his dealings with the task at hand: invisible as he may be, Spinoza nevertheless constitutes a necessary representation of friendship when it comes to taking on the challenge of philosophy. Furthermore, Max Brod’s spectacular betrayal, when he uncovered Kafka’s posthumous writings, may be the most famous example of a friendship fulfilled through betrayal. Such configurations show the paradoxes of friendship as well as the ethical limits that it is at times called to transgress. The rethinking of these limits calls for various critical approaches, which may offer new and critical perspectives on the emotional and intellectual value of friendship.

The important analyses of Derrida (1994) for example, invite us to reconsider the fraternal metaphors that constitute the notion of friendship, by pointing at the masculine genealogy of its semantics (“virility”, “virtue”), in what amounts to a double exclusion of the community of women. From Derrida’s critique to the book published by the Invisible Committee, To Our Friends (2015), from “O friends, there are no friends” (attributed to Aristotles) to the frustrations of the friend zone, up to the most extreme cases allowed by friendship — Une affection rare (Lemieux, 2018); To the friend who did not save my life (Guibert, 1991) —, the concept of friendship allows for many contradictory paths. Through its various conflictual uses, it disposes with the abstract term of humanity when it comes to dreaming of an ideal community.

Can the concept of friendship, such as it has been represented by literature, resist essentialism, and work towards the dissolution of the heavy identities that compose it? Post-Scriptum wishes to engage a reflection on the discourses in which friendship may or may not be developed, revealing a tension recorded by the texts.

The following questions are far from being exhaustive, yet allow for a preliminary thematic mapping:

  • What are the different temporalities of friendship?

  • Posthumous friendship (with deceased authors).

  • Community of the deceased: foundation of literature, as other forms of knowledge?

  • The recreation of revolutionary friendships, such as the ones sought by Mascolo within intellectual communism (1993).

  • The semantic impacts of a terminology of friendship: comrade, brother, sister, rival, buddy or gal, rival, best friends, etc.

  • Spaces, limits, and death of friendship.

  • Love, family, and friendship: tensions, contradictions, imbrications, or hierarchized categories?

  • Friendship and decolonization: an alliance during struggles for decolonization?

  • Friendship and intersectionality: sharing oppressions which are allowed or excluded by friendship.

  • Friendship and feminism: do feminist thought and literature allow for an appropriation and evolution of the conceptions of friendship linked to virility?

  • Friendship and favoritism: afforded immunities and privileges within literary circles or other communities.

Participants must send their 300-word proposals by November 1st, 2019 at the latest at: redaction@post-scriptum.org. Proposals must be sent in two distinct files: in the first file, you must include your name, your institution, your email address, a short biography, and the title of your proposal. In the second file, you must include the title of your proposal and the proposal text itself. Proposals will be subjected to a masked review by the reading committee.

Calendar:

  • November 1st, 2019: Deadline to send the proposals

  • December 2019: Final decision by the committee

  • April 22th, 23th, 2020: Conference


APPEL À COMMUNICATIONS

« L’amitié aux heures de sa différence : politiques littéraires de la communauté », colloque annuel de la revue Post-Scriptum

Université de Montréal, 22-23 avril 2020 

Organisé par Renato Rodriguez-Lefebvre et Léonore Brassard

Les espaces de la littérature, tant les livres qui la représentent que les réseaux matériaux et humains, ne peuvent être séparés des relations qui y œuvrent. Parmi la constellation des mots décrivant la proximité humaine, l’amitié rayonne d’un curieux prestige, qui tantôt en annule la portée critique, tantôt l’élève au rang des armes pour résister à l’enfermement subjectif. En ce qu’elle suppose une interprétation mutuelle entre les personnes qui s’en réclament, elle déplace les frontières de l’ordinaire, elle côtoie la singularité sans nécessairement l’épuiser. L’amitié n’appelle en rien un rapport homogène au texte, qui l’innocente : elle propulse la différence, se frotte contre elle et rend lisibles les héritages sensibles. En son nom, on formule le souhait d’une communauté et de sa propre justice, si étonnantes que puissent être les définitions de cette dernière.

L’amitié deviendrait alors le prétexte à des intensités silencieuses, intensités que les discours sur la littérature tendent parfois à occulter. On pense à Nietzsche qui rencontre Spinoza par le biais du livre et se réjouit de se savoir moins seul dans sa tâche : même invisible, Spinoza n’est pas moins devenu une figure d’amitié nécessaire pour survivre à l’épreuve de la philosophie. D’autre part, la célèbre trahison de Max Brod, livrant au siècle l’œuvre de son défunt ami Kafka, n’est-elle pas l’exemple le plus commenté d’une amitié se trahissant pour s’accomplir? De tels pôles, s’ils montrent les paradoxes de l’amitié, invitent également à imaginer les limites éthiques que le concept d’amitié consent parfois à rompre. Penser ces limites convoque plusieurs possibilités d’approche, lesquelles permettent de renouveler, tout en la critiquant, la valeur affective et intellectuelle de l’amitié.

Ainsi, les analyses déterminantes de Derrida (1994) invitent-elles, par exemple, à réviser jusqu’aux métaphores fraternelles qui recouvrent l’amitié, pointant la généalogie masculine de sa sémantique (« virilité », « vertu »), excluant deux fois plutôt qu’une la communauté des femmes. De la critique derridienne au livre du Comité invisible intitulé À nos amis (2014), du « Mes amis, il n’y pas d’amis » (phrase attribuée à Aristote) à la friend zone frustrée, et sans oublier les autres extrêmes dont l’amitié peut être le prétexte — Une affection rare (Lemieux, 2018); À l’ami qui ne m’a pas sauvé la vie (Guibert, 1990) —, voilà quelques-unes des voies contradictoires où le concept d’amitié s’engage. Celui-ci ouvre son sens à des usages conflictuels, qui interdisent au rêve de communauté l’idéal abstrait du mot d’humanité.

L’amitié telle que la littérature nous donne à la voir peut-elle résister aux essentialismes, travailler à dissoudre les lourdes identités qui traversent ses protagonistes? La revue Post-Scriptum invite à penser les discours où l’amitié, déployée ou non, rend compte d’une tension dont les textes et œuvres marqueraient le passage.

Quelques pistes, non exhaustives, peuvent cartographier les thèmes :

  • Quels sont les temps de l’amitié?

  • Les amitiés posthumes (avec des auteurs et autrices décédées).

  • Une communauté de morts et de mortes : fondements de la littérature?

  • La création des amitiés révolutionnaires, telles celles que recherchait Mascolo dans un communisme de pensée (1993).

  • Les incidences sémantiques d’une terminologie de l’amitié : camarade, frère, sœur, rival, chum de gars ou de fille, meilleures amies, meilleurs amis, etc.

  • L’espace, les limites et la mort de l’amitié.

  • Amour, famille et amitié : tensions, contradictions, imbrications ou catégories hiérarchisées?

  • Amitiés et décolonisation : une posture d’allié.e dans les luttes décoloniales?

  • Amitiés et intersectionnalités : partage des oppressions rendues possibles ou non par l’amitié.

  • Amitiés et féminismes : comment penser une appropriation et un déplacement d’une conception virile de l’amitié?

  • L’amitié et ses favoritismes : immunités et privilèges concrets auxquels l’amitié donne accès, dans les réseaux littéraires comme dans les communautés extralittéraires.

Les communications seront en français ou en anglais, dureront vingt minutes et seront suivies d’une période de questions. Les participants et participantes doivent envoyer une proposition d’environ 300 mots au plus tard le 1er novembre 2019 à l’adresse suivante : redaction@post-scriptum.org. Vous devez envoyer votre proposition en deux fichiers distincts : dans le premier document doit apparaître le titre de votre communication et le texte de votre proposition; dans le second document doivent apparaître votre nom, votre université d’attache, votre adresse courriel, votre biobibliographie et le titre de votre communication.

Les propositions feront l’objet d’une évaluation à l’aveugle par le comité de lecture. Nous encourageons les propositions d’étudiants et étudiantes de tous les cycles, ainsi que de chercheurs diplômés, chercheuses diplômées, de professeures et professeurs.

(Veuillez noter que les frais de transport et d’hébergement ne seront pas pris en charge par la revue)

Calendrier :

  • 1er novembre 2019 : date limite d’envoi des propositions.

  • Décembre 2019 : décision du comité.

  • 22-23 avril 2020 : colloque.