FIRE / LE FEU - deadline extended

deadline for submissions: 
February 14, 2020
full name / name of organization: 
Centre for Comparative Literature, University of Toronto

Date: 27 March, 2020 / 27 mars, 2020

Keynote speaker / Conférencier d’honneur: Thomas Lahusen, University of Toronto

(La version française suit)

उप तवाग्ने दिवे-दिवे दोषावस्तर्धिया वयम | नमो भरन्त एमसि || 
राजन्तमध्वराणां गोपां रतस्य दीदिविम | वर्धमानंस्वे दमे || 

स नः पितेव सूनवे.अग्ने सूपायनो भव | सचस्वा नः सवस्तये ||[1]

We approach you, o Agni, illuminator in the evening, every day with our insight, | bringing homage— / (You), ruling over the rites, the shining herdsman of the truth, | growing strong in your own home. / Like a father for a son, be of easy approach for us, o Agni. | Accompany us for our well-being.[2]

If heat is, in current megalopolises, an indicator and an existential proof of the advancement of civilization, then the heat produced by bullets in an urban terrain surpasses all current measures of civilization density, modernization, population, speed and complexity. Bullets can terminally modernize an entire city in one night.[3]

Everywhere we look, it seems, we are reminded of the destructive power of fire — and yet, fire has creative associations as well as destructive ones. Fire is passion — either love or anger, lust or revenge. In 2019 we have seen fires across the world, from western Canada to the Amazon to Australia, from Yemen to Rojava to Bolivia. Activists call for all of us to address the devastating consequences of climate change, as rising temperatures accelerate the spread of deserts and render parts of the earth increasingly uninhabitable by humans simply by virtue of being too hot.[4] In the Western tradition, Prometheus’s theft of fire is often taken to represent the birth of technology. Indigenous peoples in many parts of what are now known as the Americas and elsewhere, meanwhile, use controlled burning as a technique for sustainable ecosystem management.

The global rise of right-wing and fascist politics is a sobering reminder of how close we still are to the Holocaust — the all-burning. The ongoing violence of imperialist wars in the present reminds us of fires that have burned throughout history. Fire is also, however, associated with revolution — burning an old system to the ground to replace it with something new and more just. Fire propels a modernity that runs on fossil fuels, powering industry, illuminating cities, and driving many countries’ economies — including Canada’s. Gerard Manley Hopkins called fire “the sire of muse”,[5] the source of poetic and literary inspiration. The phoenix dies in fire and is born again from the ashes. Fire is ambiguous: material and immaterial, dangerous and revolutionary — Gayatri Chakravorty Spivak calls sati, women’s self-immolation, “a violent aporia between subject and object status”[6] that resists easy categorization.

Fire is a warning, an object of religious devotion, a command (“Fire!”), a classical element, an act of censorship, a mark of disaster and war — or of revolution. In organizing this conference we ask presenters to consider these various tongues of flame, smoke, and ash, fire in all its various aspects. We invite paper proposals in English or French on any aspect of literary studies centered on fire. Possible topics might include:

  • Fire, religion, and ritual

  • Revolutionary violence and (re)creation

  • Petroculture and other fossil fuel-culture relationships

  • Indigenous environmentalism and environmental management

  • Deserts and desertification both past and present

  • Fire and the home — the hearth, cooking, warmth

  • Metaphors of fire — burnout, trailblazer, 

  • Wildfires, both natural and human-caused

  • Fire and time — fire as an emergency, fire as the creeping advance of climate change

  • Fire and the Holocaust/Shoah/Porajmos

  • Fire and or as literary/artistic inspiration

  • The fires of war — guns, bombs, drones

  • The burning of cities, from Rome to Constantinople to Tenochtitlan to Sanaa

  • Book burnings, from Alexandria to post-Conquest Central America to the 20th and 21st centuries

  • Fire and death — cremation, oxidation, funerary rites

  • Nuclear power, nuclear weapons, nuclear disasters

Abstracts of no more than 250 words, along with a title and brief biographical information, should be submitted to torontocomplitconference@gmail.com by 14 February, 2020.


उप तवाग्ने दिवे-दिवे दोषावस्तर्धिया वयम | नमो भरन्त एमसि || 
राजन्तमध्वराणां गोपां रतस्य दीदिविम | वर्धमानंस्वे दमे ||
स नः पितेव सूनवे.अग्ने सूपायनो भव | सचस्वा नः सवस्तये ||[1]

Agni, chaque jour, soir et matin, nous venons vers toi, t’apportant l’hommage de notre prière ; / (A toi), gardien brillant de nos offrandes, splendeur du sacrifice; (à toi), qui grandis au sein du foyer que tu habites. / Viens à nous, Agni, avec la bonté qu’un père a pour son enfant ; sois notre ami, notre bienfaiteur.[7]

Si la chaleur, dans les mégalopoles actuelles, est indice et preuve existentielle du progrès de la civilisation, la chaleur produite par les armes à feu dans le champ urbain dépasse donc toute mesure actuelle de la densité civilisationnelle, de la modernisation, de la population, de la vitesse et de la complexité. Les balles peuvent terriblement moderniser une ville entière en une seule nuit.[3]

Partout où nous posons le regard, nous constatons le pouvoir ravageur du feu — et pourtant, le feu possède des qualités autant créatrices que destructives. Le feu incarne la passion — que ce soit l’amour ou la colère, la volupté ou la vengeance. L’année 2019 fut marquée par des incendies à travers le monde entier, de l’Ouest canadien à l’Amazonie à l’Australie, du Yémen au Rojava à la Bolivie. Des militants écologistes nous invitent à remédier aux conséquences dévastatrices entraînées par le changement climatique, alors que la hausse des températures étend davantage les déserts et de plus en plus de parties de la terre deviennent inhabitables simplement en vertu d’être trop chaudes.[4] Dans la tradition occidentale, le vol du feu dans le mythe de Prométhée symbolise l’apparition de la technologie dans la civilisation. Les communautés autochtones qui occupent les terres que sont maintenant les Amériques, entre-temps, ont recours au brûlage dirigé afin d’entretenir de manière durable la gestion de l’écosystème. 

Avec le phénomène global de la montée des mouvements d’extrême-droite et du fascisme, nous sommes confrontés à la réalité inquiétante que nous sommes toujours près de la Shoah —  le brûle-tout. La violence continuelle perpétuée par les guerres impérialistes d’aujourd’hui nous rappelle des incendies qui ont fait rage tout au long de l’Histoire. Le feu, toutefois, est également associé à la révolution — mettre le feu à un ancien système afin de le remplacer par un nouvel ordre plus équitable. Le feu propulse une modernité alimentée par des combustibles fossiles, il entretient le secteur industriel, il illumine les villes et il contribue à l’essor économique de plusieurs pays, parmi lesquels on compte le Canada. Gerard Manley Hopkins a désigné le feu « père de la muse »,[8] source d’inspiration poétique et littéraire. Le phénix se fait consumer par des flammes et renaît une fois qu’il est réduit en cendres. Le feu est ambigu: à la fois matériel et immatériel, redoutable et révolutionnaire — Gayatri Chakravorty Spivak qualifie le sati, l’auto-immolation des veuves, d’« une aporie violente entre le statut de sujet et celui d’objet »[9] qui résiste à toute catégorisation simple. 

Le feu est un avertissement, l’objet de la dévotion religieuse, un ordre (« Tirez ! »), un élément classique, un acte de censure, un signe de calamité et de guerre — ou même de la révolution. Dans le cadre de notre colloque annuel, nous invitons les participants à prendre en considération les diverses langues de la flamme, de la fumée et des cendres – de la représentation littéraire du feu sous toutes ses formes. 

Au regard de cette problématique, plusieurs pistes de réflexion peuvent être envisagées : 

  • Le feu, la religion et le rite

  • La violence révolutionnaire et l’esthétique de la (re)création

  • La « pétroculture » et d’autres relations culturelles ancrées dans l’énergie fossile

  • L’environnementalisme autochtone et la gestion écologique

  • Déserts et désertifications, d’hier à aujourd’hui

  • Le feu et la sphère domestique : le foyer, la cuisson, la chaleur

  • Métaphores et symbolique du feu: la propagation, faire un burnout, jeter de l’huile sur le feu, jouer au feu, etc.

  • Incendies - naturels et volontaires

  • La temporalité du feu: l’urgence climatique, le feu en tant qu’avertissement, un enjeu « brûlant »

  • Le feu et l’Holocauste, la Shoah, le Porajmos

  • Le feu comme inspiration littéraire et artistique

  • Le feu guerrier: armes à feu, bombes, missiles et drones

  • Les villes en feu: de Rome à Constantinople, de Tenochtitlan à Sanaa

  • Autodafés, ou la destruction des livres par le feu

  • Icinération, oxydation et rites funéraires : le feu et la mort

  • L’énergie nucléaire, les armes nucléaires, les désastres nucléaires

Les propositions de communication (en français ou en anglais) doivent comporter : le titre de la communication, un résumé d’un maximum de 250 mots et une notice bio-bibliographique. Elles sont à envoyer en version électronique avant le 14 fevrier, 2020 à l’adresse suivante : torontocomplitconference@gmail.com


[1] Ṛgveda book 1, hymn 1, v. 7-9. Sarasvati, Svami Sarasvati and Satyakam Vidyalankar, trans. Ṛgveda Samhitā, with English Translation (New Delhi: Veda Pratishthana), 4.

[2] Jamison, Stephanie W. and Joel B. Brereton, trans. The Rigveda: The Earliest Religious poetry of India, vol. I (Oxford: Oxford University Press, 2014), 89.

[3] Reza Negarestani, Cyclonopedia: Complicity with Anonymous Materials (Melbourne: re.press, 2008), 136-137. Traduction française du comité organisateur.

[4] Wallace-Wells, David. “The Uninhabitable Earth.” New York Magazine. 9 July, 2017. Web. 3 Oct., 2019.

[5] Gerard Manley Hopkins, Poems of Gerard Manley Hopkins (New York: Oxford University Press, 1948), 114.

[6] Gayatri Chakravorty Spivak, “Can the subaltern speak?”, Colonial Discourse and Post-Colonial Theory, eds. Patrick Williams and Laura Chrismann (Hemel Hempstead: Harvester Wheatsheaf, 1993, 66-111), 102.

[7] Langlois, A., trad. Rig-Véda, ou Livre des hymnes (Paris: Jean Maisonneuve Éditeur, 1872), 41.

[8] Hopkins, Gerard Manley. « À R.B ». Trad. Jean-Pierre Issenhuth. « Avec Gerard Manley Hopkins ». Traduire 35.1 (1993): 8-43. 35.

[9] Spivak, Gayatri Chakravorty. « Les subalternes peuvent-ils s’exprimer ?». Trad. Ousmane Kane et Mamadou Diouf. L’historiographie indienne en débat : Colonialisme, nationalisme et sociétés postcoloniales. Éd. Mamadou Diouf. Paris: Éditions Karthala et Sephis, 1999. 165-229. 226.