Fiction and democracy, Critical Review of French Contemporary Fixxion (November 1st, 2012)

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Alexandre Gefen, CNRS-Université Paris Sorbonne
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gefen@fabula.org

Fiction and democracy

Call for papers

Critical Review of French Contemporary Fixxion

http://www.revue-critique-de-fixxion-francaise-contemporaine.org/

French contemporary literature has recently undergone a revival of interest in the way it represents and considers the world, though without seeming to want to change it radically. That writers have abandoned immediate engagement goes together with the rejection of grand ideological narratives and their literary counterparts: it is in relation to democracy and the consensus around its ideals, the principles for which it stands that the necessity, presence and intervention of contemporary literature has begun to be reconsidered.

This edition of Revue critique de fixxion française contemporaine seeks to assess the occasionally varied conceptions of the role of literary fiction in democracy. It is indeed through democratic values and frameworks, that the norms and mechanisms of fiction are being redefined today, as well as the metadiscourses which reflect upon its status. In one way, certain philosophical and critical currents, often deriving from Anglo-American cultures, promote an idea of literature which places it directly in the service of the democratic order: literary fiction allows us to construct and to organise how we live together, and the fictional representation, as both genre and investigative method, is inextricably linked to a democratic regime. We might consider here the anthropological re-readings by Aristotle which made catharsis a means of purging private passions; analyses, suggested notably by Thomas Pavel, of fiction as an instrument of axiological reflection, through symbolisation and scene-setting; theories of care which give literature a role in exercising our capacity for empathy; or once again, the recent trend in evolutionary cognitivism which gives fiction, according to a clear Darwinian model, a social role. These hypotheses underline what Nelly Wolf has termed the ‘internal democracy’ of the novel providing literature with a therapeutic ability, a means of regulating behaviours or organising public space.

In a different way, perspectives derived from continental philosophy and poststructuralist critique tend to envisage literature as putting democratic norms under critical scrutiny, in the name of the moral values of an individual, or, on the contrary, the political exigencies of a group. From this point of view, the manipulation of language and form makes literature a space for the unassignable and the place to explore the ideological renewal available. The affinity between literature and democracy reveals then a notion of exception or an imagination of possibilities, while underlining the arbitrary nature and instability of democratic options that global (neo) liberalism seeks to employ. In exercising language and literary forms, democracy uncovers the irreconcilable character of political and social logic. In relation to this second hypothesis, which is notably that of Jacques Rancière, it is precisely as anomaly that literature participates in democratic space, defining for it a radical horizon. And what is it for writers, who, in an antimodern trajectory define the novel as an individualistic form of election and resistance to the supposed equalisation of liberal democracy and use fiction as a means to question democratic values?

Without seeking simply to explore the opposition between these schools of thought, we seek to extract the contrasting views of the role of literature in the context of democracy and to consider the lines of fracture as much as shared elements; and notably the place of the idea of fiction, understood as a body of values or as a mirror of the workings of democracy. Contributions to this edition will go beyond the principle and analysis of particular case studies in order to consider the connotative theories shared across contrasted textual corpuses, as well as understanding contemporary production in all its variety and implications.

Abstracts proposal, approximately 300 words, in french or english, should be sent before november 1st 2012 to the editors : Alexandre Gefen gefen@fabula.org et Emilie Brière emilie.briere@me.com. Final papers (in french or english) should be sent for evaluation before march 15th 2013.

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The Critical Review of French Contemporary Fixxion is an internationally oriented scholarly review that welcomes contributions on contemporary French literature published after 1980. Open to the literature of France as well as that of the Francophonie, this bilingual journal brings together academics and authors to reflect on the forms that writing takes today. Focussing on the pivotal period straddling the 20th and 21st centuries, the journal accepts submissions in both French and English on a wide variety of authors and approaches.

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Fiction et démocratie

Revue critique de fixxion française contemporaine

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Appel à contribution

La littérature de langue française contemporaine semble se réintéresser au monde, pour le représenter et le penser, tout en renonçant à le changer radicalement. Cet abandon d’un engagement immédiat de l’écrivain va de pair avec la défection des grands récits idéologiques et de leur relais littéraire : c’est par rapport à la démocratie et au consensus qui entoure ses valeurs, ses idéaux, ses principes qu’il incombe désormais à la littérature contemporaine de redéfinir la nécessité de sa présence et de son intervention.

Pour ce dossier de la Revue critique de fixxion française contemporaine, il s’agira d’envisager les conceptions parfois divergentes du rôle de la littérature contemporaine en régime démocratique.

D’une part, certains courants philosophiques et critiques, souvent issus de l’univers anglo-saxon, promeuvent une idée de la littérature qui la met directement au service de l’ordre démocratique : la fiction littéraire nous permettrait de construire et d’organiser le vivre-ensemble, et la littérature, au sens moderne du terme, serait indissociable du régime démocratique. On pourrait invoquer ici les relectures anthropologiques d’Aristote faisant de la catharsis un mode de purgation des passions privées ; les analyses, promues notamment par Thomas Pavel, de la fiction comme instrument de réflexion axiologique, par symbolisation et mise en scène; les théories du care attribuant à la littérature l’exercice de nos capacités empathiques ; ou encore le récent courant du cognitivisme évolutionniste accordant à la fiction, selon un modèle explicitement darwinien, une capacité sociale. Ces hypothèses soulignent ce que Nelly Wolf nomme la “démocratie interne” du roman et attribuent à la littérature une capacité thérapeutique, un pouvoir de régulation des comportements ou d’organisation de l’espace public.

D’autre part, des perspectives qui héritent plus directement de la philosophie continentale et de la critique poststructuraliste tendent plutôt à reconnaître à la littérature un rôle de mise en jeu critique des normes démocratiques, au nom des valeurs morales de l’individu ou, au contraire, des exigences politiques du groupe. De ce point de vue, le travail de la langue et de la forme fait de la littérature l’espace de l’inassignable et le lieu d’une exploration des renouvellements idéologiques disponibles. Les affinités entre littérature et démocratie relèveraient alors d’une pensée de l’exception ou d’une imagination des possibles, en soulignant l’arbitraire et l’instabilité des options démocratiques que le libéralisme globalisé cherche à déployer. Par l’exercice du langage et des formes littéraires, la démocratie découvrirait le caractère irréconciliable des logiques politiques et sociales. Dans cette seconde hypothèse, qui est notamment celle de Jacques Rancière, c’est en tant qu’anomalie que la littérature s’insérerait dans l’espace démocratique, dont elle constituerait l’horizon de radicalité.

Sans rejouer platement l’opposition entre ces deux écoles de pensée, il s’agira d’en extraire les visions contrastées du rôle de la littérature en régime démocratique et de considérer tant leurs lignes de fracture que les éléments qu’elles ont en partage, et notamment la place de la notion de fiction. Les contributions à ce dossier pourront adhérer à l’une ou l’autre de ces perspectives, ou encore adopter à l’égard de cet antagonisme une position de surplomb. Elles chercheront à dépasser l’analyse de cas particuliers pour mettre en valeur les théories implicites communes à des corpus contrastés, autant qu’à saisir la production contemporaine dans la variété de ses enjeux.

Alexandre Gefen, Université Bordeaux 3 – Équipe TELEM & Fabula.org
Émilie Brière, Université du Québec à Montréal – Équipe Figura

Les propositions de contributions, environ 300 mots, en français ou en anglais, sont à envoyer d’ici le 1er novembre 2012 aux adresses Alexandre Gefen (gefen@fabula.org) et Emilie Brière (emilie.briere@me.com). La réponse sera donnée au 1er décembre 2012.

Les articles définitifs seront à remettre pour évaluation par le comité de la Revue critique de fixxion française contemporaine avant le 15 mars 2013.
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La Revue critique de fixxion française contemporaine est une revue scientifique à vocation internationale qui accueille des contributions portant sur la littérature contemporaine française d'après 1980. Ouverte à la littérature de France comme à celle de la Francophonie, cette revue bilingue associe universitaires et écrivains dans une réflexion sur les formes que prend aujourd'hui l'écriture. Tournée vers l’époque charnière entre le XXe et le XXIe siècle, la revue acceptera des contri­butions rédigées indifféremment en français ou en anglais et s’efforcera de s’ouvrir à un vaste champ d’écrivains et d’approches.

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