"Concerning the experimental in art" 2nd and 3rd October 2014

full name / name of organization: 
EA 4335 at the University of Maine (Le Mans) and EA 1569 at the University of Paris VIII
contact email: 
al.fortin-tournes@wanadoo.fr

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« De l’expérimental dans l’art »
Colloque international et interdisciplinaire
Organisé conjointement par le Laboratoire 3 L.AM (EA 4335) et le laboratoire « Transferts critiques et dynamique des savoirs » (EA 1569) de l’université de Paris 8-Saint Denis
2-3 Octobre 2014

Dans leur introduction au n°9 de la revue Tracés ayant pour thème « Expérimenter », Anthony Feneuil et Pierre Saint-Germier soulignent l’extension de l’adjectif « expérimental » à toutes sortes de pratiques en dehors du domaine scientifique et notent « l’intérêt esthétique contemporain pour l’expérimentation ». La notion d’art « expérimental » renverrait à la remise en question d’« un ensemble de schèmes de production, de réception, de théorie et de critique de l’art, héritées de notre modernité ». Y a-t-il un art expérimental ou de l’expérimental dans l’art ? L’expérimental est-il de l’ordre de la création, de la transgression, d’un dépassement de la mimésis et du renouvellement des formes ? Est-ce une valorisation axiologique du geste artistique, ou plus banalement, parfois, l’étiquetage d’une nouveauté qu’on ne sait pas encore appréhender ou décrire? Quelles relations, privilégiées ou non, la notion d’expérimental entretient-elle avec celle de contemporain ?

S’il y a de l’expérimental dans l’art, le roman en est peut-être un exemple privilégié, en tant que genre exploratoire, prospectif, à la recherche de ses propres critères, ainsi que le montre l’évolution de ses définitions depuis son invention jusqu’à l’ouverture poétique de ses frontières par des écritures fictionnelles contemporaines revendiquant le dépassement de la généricité. C’est cette dimension fluctuante que nous interrogerons lors de ce colloque qui nous permettra d’éclairer les procédés par lesquels l’art fait œuvre de création et par là-même, fait œuvre critique et politique.
La question de l’expérimentation dans le cadre romanesque nous amènera à nous intéresser tout particulièrement à la matérialité du texte, à la façon dont le matériau linguistique est envisagé pour être réinvesti de manière exploratoire dans le roman « expérimental ». Les stratégies de rupture avec la forme même du roman font partie du « jeu » : ainsi, l’expérimentation pourrait être vue comme l’investigation et l’incorporation d’autres mediums. L’image dans toutes ses déclinaisons ne propose-t-elle pas un réservoir de moyens particulièrement efficaces pour subvertir la forme romanesque traditionnelle ? On notera à cet égard que si les XXe et XXIe siècles sont particulièrement riches en exemples de formes romanesques « expérimentales », le roman, dès ses origines, se proposait déjà comme un travail de recherche autour de la représentation du monde et des signes. Au XVIIIe siècle, de nombreux romans proposent déjà des formes d’écriture singulièrement innovantes et expérimentales, ainsi que le montre The Life and Opinions of Tristram Shandy de Laurence Sterne, qui inclut une page noire, une page marbrée, ainsi que la ligne sinueuse d’une spirale matérialisée visuellement sur la page. Que ce soit dans le roman des origines ou dans ses formes plus récentes, comme par exemple dans la textualité électronique, le jeu de l’expérimentation formelle ouvre en tous cas de nouveaux espaces de création, de réception et de pensée.
Plus largement, la recherche de nouveaux vocabulaires formels à partir de l’expérience même du geste en peinture, en danse ou au théâtre nous guidera vers une exploration des liens entre expérimentation et corporalité, expérimentation et performance, expérimentation et improvisation. Toutes les disciplines s’intéressant au travail de la création à l’œuvre dans l’élaboration du nouveau pourront donc être convoquées, afin que la notion d’expérimentation puisse être abordée depuis une multiplicité de points de vue complémentaires, pour une meilleure appréciation des enjeux qui y sont impliqués.
Dans le cadre de ce colloque, on s’interrogera donc tout particulièrement sur le lien entre expérimentation et modernité, expérimentation et avant-garde, expérimentation et réception, expérimentation et événement, expérimentation et pensée, pour tracer les effets de sens induits par la manipulation de la forme et l’expérimentation générique. La question du caractère construit de l’expérimentation, de l’avant garde et de ses périodisations, de la subversion et de ses limites, seront au cœur de nos investigations qui ne manqueront pas d’être « expérimentales ».

Les propositions d’environ 400 mots sont à envoyer simultanément, accompagnées d’une courte biographie à : Brigitte Félix et à Anne-Laure Fortin-Tournès avant le 31 janvier 2014.

Organisateurs :
3L.AM (Université du Maine, Le Mans) : Anne-Laure Fortin-Tournès, Ben Lebdai et « Transferts critiques et dynamique des savoirs » (EA 1569, Université de Paris 8-Vincennes-St Denis) : Brigitte Félix, Stephane Vanderhaeghe.

“Concerning the experimental in art”
Organised by the “3 L.AM” lab at the university of Maine (Le Mans) and by the “EA 1569” lab at the university of Paris 8-St Denis
International and interdisciplinary conference
University of Maine (Le Mans, France)
2-3 Octobre 2014

Lab 3L.A.M (Laboratoire Langues, Littératures, Linguistique at the universities of Angers and of Maine-Le Mans) and lab EA 1569 (laboratoire Transferts critiques et dynamique des savoirs at the university of Paris 8-St Denis) are pleased to announce the organization of an international and interdisciplinary conference entitled “Concerning the experimental in art” to be held at the university of Maine (Le Mans, France) on 6th and 7th June 2014.
In their introduction to the 2005 issue of the French interdisciplinary journal of social science Tracés dedicated to “Experimenting”, Anthony Feneuil and Pierre Saint-Germier point out that the adjective “experimental” is applied to all sorts of activities other than strictly scientific and that contemporary aesthetics shows an interest in the notion of experimentation. The idea of “experimental art” leads to a questioning of the whole set of schemes we inherited from our modernity concerning the production and reception of works of art, as well as art theory and art criticism. Does “experimental art” per se exist – or should we speak of an experimental dimension in art? Is that experimental dimension in the creation, the transgression, and the renewal of forms, going beyond mimesis? Does the qualification “experimental” bring added value to the artistic gesture, or is it merely a label designating a sense of novelty that has not yet been fully apprehended, let alone described? What are the relations, if any, between the two notions of “experimental” and “contemporary”?
This conference will examine the fluctuating and maybe experimental “identity” of art, starting with literature and the novel, which should highlight the processes through which art is not only a creative, but also a critical and political statement. Is there such a category as “experimental art”? Contributions may focus on the novel as a (self )exploratory artistic genre, for instance, as shown by the evolutions of its definitions from the moment of its invention to the contemporary poetic openness of fictions overriding generic boundaries.
Dealing with experimentation in novelistic forms should lead us to consider the materiality of the text, the way the linguistic material is reinvested and reinvestigated in the text. All the strategies of “form-breaking” come into play, which includes the exploration and incorporation of other media. Thus the inclusion of images in texts has proven an efficient means of subverting traditional novelistic forms. Although the 20th and 21st centuries are particularly rich in “experimental” fictions, from the start the novel as a literary genre has been characterized by its experimentation with, and exploration of, the representation of the world and systems of signs and signification. Let us remember here the example of Laurence Sterne’s Tristram Shandy with its black and marbled pages, or the sinous line of a spiral acting as the visual representation of the plot on the page. In the 18th century novel as well as in the most recent novelistic developments in the form of electronic narratives, the play of formal experimentation opens new avenues for creation, reception and reflection that can also be witnessed in other artistic genres and forms.
The debate over the experimental nature of the novel can therefore be extended to the status of experimentation in the arts in general as suggested by the title of the conference. The quest for new forms in the experience of the artistic gesture in painting, dancing or in theatrical performance leads to exploring the connections between experimentation and the body, experimentation and performance, experimentation and improvisation. We welcome contributions from specialists of all the disciplines working on the process of creation and innovation, so that multiple viewpoints can enrich the critical reflection and understanding of what is at stake in the idea of experimentation in art.
We therefore invite contributors to question the links between artistic experimentation and modernity, experimentation and the avant-garde, experimentation and reception of the work of art, experimentation and event, experimentation and theory in order to study the significance and the consequences of the manipulation of forms and of generic features. Such issues as the closure of the artistic form, experimentation as a construct, the avant-garde as a periodic notion whose limits exist only to be subverted will be central to our collective reflection and investigations, to which an “experimental” edge can also be brought.

The papers will be delivered in English or in French. Abstracts (approx. 400 words) and a brief resumé should be sent by 31st january 2014 to Brigitte Félix brigitte.felix@univ-paris8.fr and Anne-Laure Fortin-Tournès .

Conference organisers :
3 L.AM lab at the University of Maine (Le Mans): Anne-Laure Fortin-Tournès, Ben Lebdai,
and EA 1569 lab at the University of Paris 8-Vincennes-Saint-Denis: Brigitte Félix, Stéphane Vanderhaeghe.

cfp categories: 
cultural_studies_and_historical_approaches
international_conferences